Ils sont nombreux parmi les plus illustres à avoir offert dans leurs écrits une réflexion sur le détail. Truman Capote*, Stendhal, Voltaire, Paul Valéry*, Léonard de Vinci*, Adolf Huxley*… 

Chacun en fait l’éloge, certains sont repris en bas de l’article. 

Car oui, le détail est subtilité, il reflète une capacité à voir et à comprendre. À aimer aussi. Derrière chaque quantité infinitésimale, chaque barreau d’échelle, chaque petit pas, est tapie l’opportunité de faire confiance à ce qui nous dépasse, à ce que l’on ne s’explique pas, ou pas encore. À ce qui ne ressemble, au moment où on le vit, à rien d’autre encore qu’un détail. 

Le détail est le trésor que l’on porte dans notre souffle, il se rend disponible pour celui qui en prend conscience. Il est une ressource que l’on oublie, alors que chacune de nos inspirations, mises bout à bout, ont la faculté de nous mener au bout de nos rêves.

C’est par ses multiples détails qu’un auteur écrit un livre. Ce sont les boucles d’oreille attrape-rêves qui décrivent le tempérament baba cool de l’héroïne. C’est la dentition abimée qui fait le junkie. Ce sont les mains tremblantes de Françoise quand elle sert le thé qui reflètent son inconfort. 

Le détail a aussi un formidable potentiel en dramaturgie. C’est cet élément isolé, mentionné sans crier gare au coeur de l’histoire, qui plus tard peut lui donner une tournure insoupçonnée. Il suffit d’arriver au bout des 927 pages du dernier roman de Robert Galbraith, alias JK Rowling, pour comprendre que l’indice qui explique la disparition de Margot Bamborough était bien là, glissé dans la trame du récit quelques centaines de pages plus tôt.

Au-delà de la littérature, c’est toujours par les détails que se dénote l’altruisme de celui ou celle qui est capable de les voir. La déclinaison d’une coiffure, la tristesse passagère au fond du regard, la persévérance d’un comportement, l’enfant qui n’a jamais aimé dessiner, celui qui aime ses plats bien salés. Reconnaître ces détails prouve notre capacité à sortir de nous-même, à nous intéresser à ceux qui nous entourent, valider leurs ressentis, les accepter par le biais de leur individuation.

Quant au diable, je ne l’ai jamais vu dans les détails. Il est enfermé dans sa grossièreté. Dans les contradictions étonnantes entre ses mots et ses actes. 

Alors que les détails, eux, sont le reflet du coeur. Ils sont ces messages, reproduits avec constance, qui démontrent une capacité à donner sans condition, à s’engager auprès des êtres aimés.

Je conclurai sur ces mots de John Pawson, avant de vous laisser avec d’autres penseurs : “La différence se mesure parfois dans les plus infimes détails.” 

Je souhaite à chacun la liberté d’explorer sa différence.

“Les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur ; les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables.” Adolf Huxley

“Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail.” Léonard de Vinci

“Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails.” Paul Valéry

“L’art est fait d’un détail bien choisi, qu’il soit pure imagination ou qu’il distille la réalité.” Truman Capote

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