Vous voyez ceux-là qui sont constamment en train de vous contredire quand vous parlez ? Ceux qui ne savent pas juste écouter, accueillir et sourire. Ou ces autres qui semblent s’amuser à se faire l’avocat du diable et qui voient le mal partout ? Ceux qui vous servent des louchées de « trop » ou « pas assez » à faire déborder la marmite.
C’est le sournois qui réagit quand un mot anodin est bafouillé, mais qui reste impassible face au raisonnement global impeccablement déroulé. C’est la jeune femme qui voulait s’émanciper et se fait accuser en retour de trahir l’ordre établi de sa cage dorée. C’est le compliment qui ne peut pas s’apprécier, car il est juste offert en préliminaire d’une faveur. Ce sont ces étiquettes qu’on vous colle depuis votre adolescence et desquelles il semble interdit de se détacher, jusqu’à recevoir cette réprimande déguisée par un « tu as bien changé »…
Puis il y a aussi ceux qui projettent leurs croyances limitantes sur votre propre vie. L’ami qui entend le projet professionnel excitant qui vous démange mais qui vous freine au prétexte que ce n’est vraiment pas le bon moment. Celle qui commente le moindre écart culinaire que s’autorise le diabétique. Celui qui craint pour la santé de ses proches et vous enjoint de rester chez vous. Pas bouger.
Il y a un peu de tout ça dans les rapports sociaux. Ils nous assaillent, comme pour étouffer la confiance de laquelle pourrait germer notre épanouissement. Rapetissés. Diminués. Inquiétés. Paralysés collectivement par cette peur que distillent les uns ou les autres.
Et si l’on déréglait tout ça ?
Je sais pas pour vous, mais moi, le négatif, ça fait un moment que ça me fatigue. J’ai choisi d’être ailleurs. Dans l’espace de tous les possibles, dans un monde pavé d’indulgence. Alors c’est plus fort que moi, dès que je discerne de la peur dans le discours de quelqu’un, je prends le contrepied. Je cherche pas à avoir raison ou tort sur le fond. J’attaque la forme. Je veux juste zigouiller la peur. Et semer autre chose à la place.
Ça revient à reconnaitre le courage de celui qui tente l’impossible. Lui dire notre soutien pour célébrer s’il réussit ou pour lui tendre la main s’il trébuche. C’est écouter celle qui s’inquiète, quand le chaos vient de bouleverser sa vie, de ce que vont penser les autres. Et lui répondre que tous ceux qui l’aiment comprendront, et que les autres partiront. C’est dire à sa collègue qui imagine devoir défendre sa promotion récente, qu’elle a déjà construit sa légitimité et qu’elle n’a plus rien à prouver, juste à avancer. C’est écrire à l’ami esseulé pour prendre de ses nouvelles jour après jour, pendant les longs mois que dure son combat. C’est dire après des années, à cette ancienne amante qui s’inquiète de son célibat, l’empreinte éternelle qu’elle aura laissé sur sa virilité. C’est inciter celui qui doute à regarder le chemin parcouru, et lui rappeler qu’il peut affronter ce qui suit avec la fierté de ses accomplissements.
Imaginez recevoir ce mot de soutien, ce compliment inattendu, cette phrase qui déverrouille le schéma mental qui vous fige. Vous aimeriez ? Moi aussi.
On s’y met ? On s’offre des gentillesses ?


Laisser un commentaire